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Tristan, étudiant à l'étranger

Je m’appelle Tristan, j’ai 25 ans et suis en deuxième année de Master informatique à l’IGM. Après un bac S en 2008, j’ai fait un DUT génie électrique et informatique industrielle en deux ans, à Créteil. L’électronique ne me plaisant finalement pas, je me suis réorienté vers une licence 2 informatique toujours à Créteil. Après ma dernière année de licence, j’ai poursuivi en master informatique à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Tout au long de ces années d’études, j’ai effectué quatre stages : dans une université en Ecosse pour la fin de mon DUT, dans une université anglophone en Turquie pour mon stage de licence, à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées durant ma première année de master et je suis actuellement en Inde, dans une entreprise privée pour le stage de M2.

 

Pourquoi avez-vous choisi IGM et quelle formation suivez-vous ?

En sortant de ma licence à Créteil, le monde de l’informatique était pour moi séparé en deux : le réseau (et en particulier la sécurité) et le développement. Avec le master, je me rends  compte que c’était peut-être un peu simpliste comme vision. Je ne voulais pas travailler dans ce qui touche au réseau mais le master informatique proposé dans mon ancienne fac était intitulé  « Sécurité des réseaux ». Des amis m’ont parlé d’une formation en développement à l’IGM, c’est pour cela que j’ai choisi l’Institut. Je suis en deuxième année de Master informatique, spécialité Logiciel. C’était celle qui selon moi ouvrait à un monde plus vaste, qui semblait offrir un plus large choix de débouchés, ce que je trouvais sécurisant.

Quels sont les avantages d’un stage ?

On apprend vraiment beaucoup en stage. La formation universitaire est indispensable bien sûr, mais la pratique sur un projet donné pendant des mois nous emmène dans un monde qui est à des années-lumière de tout ce que l’on a connu dans le cadre éducatif « pur ». On récupère des connaissances et des savoirs que l’on n’aurait pas pu connaître autrement, ce qui nous donne de la confiance et de l’expérience pour ce qui va venir ensuite. C’est très gratifiant.  L’université a son rôle, les stages aussi, et j’ai l’impression que si on enlevait l’un des deux pour se consacrer à l’autre, on serait beaucoup moins qualifié à la fin.

Pourquoi choisir un stage à l’étranger ?

Avant tout, j’aime voyager et m’éloigner un peu de ce que j’ai toujours connu. On m’a toujours dit que c’était très bien d’avoir des expériences à l’étranger dans son CV. Ces expériences sont un petit bonus pour ma vie future. Trouver un stage à l’étranger est très difficile et généralement choisir une université comme lieu de stage facilite les choses. Si le stage se passe bien, l’entreprise peut être tentée de prendre d’autres étudiants par la suite. Plus il y aura de gens qui veulent partir et voyager, plus ce sera facile pour les prochains de trouver une place. Enfin, la pratique de l’anglais dans un cadre professionnel améliore considérablement notre niveau. En expression certes, mais surtout en compréhension orale : un plus pour notre vie future, surtout si on travaille dans l’informatique.

Quelles sont les démarches que vous avez faites pour partir travailler à l’étranger ?

Dans mon cas, je n’ai eu aucune difficulté pour trouver mon stage. Dans la pratique, j’ai utilisé ce qu’on appelle communément la stratégie du piston, autrement dit, la stratégie du membre de la famille qui travaille en France dans une entreprise multinationale avec une filiale de développement en Inde. Mais pour les étudiants à la recherche d’un stage, j’aurais peut-être une poignée de conseils : avant tout, le service des relations internationales de l’UPEM répond bien à nos questions. Avant de commencer à chercher, il ne faut pas hésiter à y aller pour voir s’il est possible d’avoir un logement universitaire ou pas, pour discuter du côté pratique, des bourses possibles, cela peut faciliter énormément de choses. Une fois à l’étranger, d’autres structures peuvent nous aider. Il y a dans beaucoup de grandes villes des communautés francophones, et parfois même des Instituts français. Là non plus, il ne faut pas hésiter à passer les voir. Les gens sont souvent contents de voir de nouvelles têtes et on peut récupérer beaucoup d’informations utiles. Enfin, pensez à  regarder les informations du pays de destination sur le site du ministère des affaires étrangères, et renseignez vous sur la procédure pour obtenir un visa. Il faut s’y prendre aussi vite que possible, mon stage a justement été retardé à cause d’un problème de visa.

Avez-vous rencontré des difficultés pour vous intégrer dans votre entreprise d’accueil ?

Je n’ai eu aucune difficulté. Les gens sont très ouverts. Certains étaient déjà allés travailler en France et sont venus me voir directement après avoir entendu parler de moi. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de ne pas pouvoir s’intégrer quand on part travailler à l’étranger. Au contraire, souvent quand l’on sort de l’ordinaire, quand l’on représente quelque chose d’inhabituel dans le monde des autres autour de nous, cela a tendance à être plus facile de nouer des liens.

Avez-vous des anecdotes sur votre adaptation à l’étranger ?

Le premier jour était très difficile. J’ai déambulé dans des rues pendant une petite heure en demandant à tous ceux que je croisais s’ils connaissaient l’adresse que j’avais marquée sur un bout de papier jusqu’à ce qu’un petit taxi à trois roues m’aborde en me disant « Vamos ? » (j’ai trouvé ça rigolo, en Inde), et qu’il m’emmène à mon appartement. J’ai eu quelques soucis de communication parce que peu de gens parlent anglais dans l'état où je suis. Il y a beaucoup de différences par rapport à la vie en France. Rien que les douches, j’ai trouvé cela incroyable, que ce soit à l’hôtel ou à mon appartement. Dans la salle de bains, en plus de la pomme de douche habituelle, il y a un seau et un petit récipient. La grande majorité des gens ici se lavent en remplissant le seau et en se versant de l’eau dessus avec le récipient, sans utiliser la pomme de douche. Enfin ce n’est pas anormal, mais pour moi c’était clairement inhabituel.

Sur les routes aussi, c’est très rigolo. On dirait que les conducteurs utilisent le klaxon pour communiquer les uns avec les autres (pour se dire bonjour, se féliciter, etc.). Concrètement, on entend des klaxons partout, tout le temps, pour tout et rien, parfois il faut vraiment se creuser la tête pour comprendre ce qui l’a poussé à appuyer sur son avertisseur, le bonhomme. Enfin, l’on s’habitue. C’est pareil pour les agents de circulation avec leurs sifflets ! Ils n’arrêtent pas, même quand il n’y a pas de voiture, ils envoient des petits coups de sifflet comme cela, au milieu de rien. Ma théorie est qu’ils imitent le système de communication des oiseaux, pour pouvoir se parler même quand ils sont à deux sorties différentes d’un rond-point. D’ailleurs, je suis sûr qu’ils ont leur code de communication secret.

Et sinon plus sérieusement, il y a des animaux incroyables ici. D’abord des vaches, en pleine rues, qui se promènent, qui broutent, il y en a qui ont des cornes énormes. Mais il y aussi des oiseaux complètement fous, et très beaux. Des aigles même ! Cela m’a énormément changé de tout ce que j’ai toujours connu.

La nourriture demande un petit temps d’adaptation aussi, il faut s’y faire, il y en a qui aimeront, d’autres pas, mais cela n’a rien à voir avec ce que l’on a l’habitude de manger en France dans la majorité des ménages. Il faut aussi s’habituer au fait qu’à peu près tout ce qui est  mangeable est épicé. J’exagère un peu, mais c’est l’idée. Que ce soit dans la nourriture traditionnelle ou dans ce que l’on connaît un peu mieux (celles des Fast-food), tout ce que l’on va manger va nous faire cracher du feu.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres étudiants ?  

Pour ce qui est des expériences universitaires à l’étranger, je pense qu’il ne faut pas avoir peur de l’inconnu, se dire que l’on est tous humains, et que par nature, on se débrouille toujours. Ensuite évidemment, plus on sera prévoyant, plus ce sera facile. Cela paraît évident, mais passer du temps à tout anticiper avant le départ est quelque chose qui nous épargne énormément de mauvais moments.

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Entretien réalisé en juin 2015 par Clémence et Mickaël